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Review Méline Rock 2009 (Septembre 2009, par W-Fenec)

Publié le 29 avril, 2011

« Le Méline Rock Festival, installé aux abords du stade d’Echenoz-la-Méline (près de Vesoul), se tenait pour la première fois début septembre, juste avant la rentrée des classes. Réunion de talents locaux (Zoombee X, My Dog Ate My Homework, Seven Of Nine, Membrane, Generic et Stellardrive), le festival a ouvert grand les bras à deux Fenecs régionaux.
Retour sur le déroulé de cette soirée fraîche mais relativement réussie…

Stellardrive - Meline Rock Festival 050909 Non, Zoombee X n’est pas un concept musical mélangeant White Zombie à Static-X, mais bien un groupe local, ami de l’un des organisateurs. Pour la petite histoire, le trio avait fait jouer le groupe de Tof quelques années auparavant d’où cette présence sur l’affiche de ce festival. La quarantaine pour la plupart des membres, ces gars là ont naturellement l’expérience de la scène et de la maitrise de leur instrument. A tel point que leur rock pas très éloigné d’un Noir Désir, d’un Eiffel ou d’un Luke sonne trop propre pour que la sauce prenne réellement. Est-ce dû au fait de débuter les hostilités alors que le public n’est pas encore tout à fait au complet ? Probablement, mais cela n’excuse pas non plus le manque de prise de risque du trio qui se contente de jouer des plans bien connus de la scène française. Ce soir, ils auront eu la difficile tâche d’ouvrir la première édition de ce festival avec un brin de timidité mais une envie que l’on ne peut désavouer. Après Zoombee X (et la partie de pétanque de la faune musicale bisontine sur le stade attenant…) et avant My Dog Ate My Homework, durant le changement de plateau, on a droit à un défilé de mode d’une créatrice locale, mais sans boulangère parmi les mannequins, au grand désarroi de Ted.
Cela n’empêche pas le deuxième groupe de se présenter, en l’occurrence My Dog Ate My Homework. Tout jeune quatuor bisontin mené par Julie au chant, le groupe évolue dans un registre Rock U.S. crasseux mâtiné de références bluesy, un rock influencé par PJ Harvey ou Clutch et qui fait penser par moments à The Love Me Nots. Bien que placée en début de soirée et non sans encore chercher un tantinet son identité, cette prestation se révèle très énergique, notamment par l’engagement sans concession de Julie tandis que David, Julien et Mickaël ne démordent pas de leurs instruments. Après une petite dédicace à « mon amoureux » de la part de la chanteuse et un ultime morceau, My Dog Ate My Homework en termine et se révèle être une bonne découverte du festival.
Après une nouvelle pause (pendant laquelle Rémi se laissera corrompre par Generic), c’est à Seven Of Nine d’officier aux abords du stade d’Echenoz-la-Méline. Secondé par des projections vidéo, le trio décrit sans tarder son bouillonnement noisy et post-rock alors que le public se tient à distance de la scène. Le groupe présente ses Prémisses d’un règne scalpel la rage au ventre et c’est totalement habités (notamment Steph assurant chant et guitare) que les musiciens s’immergent dans leur univers où se mêlent mélodies et chaos. Le public reste moyennement réceptif aux antagonismes sonores des bisontins, allant de phases oppressantes en ouvertures aériennes, mais Seven Of Nine confirme sa position d’outsider et continue de s’affirmer sur scène. A coté du podium sur lequel le défilé de mode se tiendra une deuxième fois, un mur (et pas une « toile »…) est en train de recevoir un graff signé par des membres des Travailleurs de l’Ombre.
Membrane @ Méline Rock Festival 2009 Alors que le froid et l’humidité commencent à se faire ressentir progressivement, Membrane monte sur les planches. L’intérêt premier du show des Vésuliens ce soir était la découverte de leurs nouveaux morceaux extraits de l’album Disaster à venir. Et nous pouvons d’ores et déjà vous annoncer la couleur : [Mode Gui de Champi activé] le nouveau Membrane va être une tuerie !!! [Mode Gui de Champi désactivé]. Leur son est d’une telle profondeur et d’une telle intensité qu’il vous englouti dans un bain de noise dans lequel il est difficile de s’échapper. En comparaison à il y a 3 ans où le groupe sonnait trop Condense-like à notre goût, Membrane a littéralement rendu une copie parfaite pour le Méline Rock Festival. Fred de Generic, au détour d’un regard, nous confirme ce que nous sommes en train de vivre. Il semblerait que le changement de batteur ait été bénéfique au trio. Un groupe à (re)voir, sans conteste.
Mieux qu’une série de rendez-vous chez le proctologue, il y a les concerts de Generic puisque celui-ci n’est pas moins que le sixième reviewé dans nos colonnes en à peine plus d’un an. Peur de la redite ? Un petit peu, il faut bien l’admettre. Sauf que le duo a tout mis de son coté pour se faire remarquer une nouvelle fois. Alors qu’on commençait à s’habituer aux finals électronisants du groupe, c’est en ouverture que larsens, bruitisme strident et destruction en règle de conduits auditifs sont inoculés aux festivaliers. Pour la suite, elle pourrait se résumer en un mot : pogo. Sylvain et Fred ayant proprement envoyé du très gros (certains diront même « énorme »), le public a réagi en conséquence par un déchaînement quasi-ininterrompu de ses membres. Et ceci sans oublier l’essentiel : cette incroyable prestation de Generic est à placer tout en haut du panier parmi celles où il nous a été possible d’assister.
Après la dose de décibels pris dans les oreilles jusqu’à maintenant, les organisateurs du Méline Rock Festival avaient tout prévu pour finir en beauté. Le post-rock de Stellardrive tombe a point nommé, un zeste d’instrumental ne fait jamais de mal. Les Bisontins nous envoient dans l’espace : le compte à rebours commence sur l’écran avec un sample pour accompagner le visuel. Une mission qui ne sera pas suivie par tout le monde car une partie du public semble plus destinée à rentrer à la maison. Le froid ? l’heure ? l’état du foie ? l’overdose précédente d’intensité sonore ? Les Stellardrive n’en ont que faire car ils sont déjà en orbite. Le sextet ne fait qu’un et chaque membre est concentré sur son « tableau de bord » d’où le manque de communication avec le public. La bande sonore de ce voyage avec ses titres longs et progressifs décevront certains, qui auraient voulu finir le festival sur une note plus agressive. Mais le style est ainsi et pour le plus grand bonheur des aficionados du genre. Et comme diraient certains : « Il y en faut pour tout le monde ».
Pour sa première édition, le Méline Rock Festival a frappé d’un grand coup. Non seulement pour son affiche composée de pointures locales mais aussi pour les « a-cotés » qui peuvent avoir une certaine importance. En l’occurrence, le festival a opté pour un politique de prix mini à savoir 7 euros l’entrée sur place (5 en résa), 2 euros les boissons, 1 euro le café, 1 euro les frites. De plus, il a usé d’imagination pour divertir le public avec une fresque graffée par les TDO, une expo de peintures de CEC, un spectacle de cracheurs de feu et… un défilé de mode. Le tout coiffé d’un accueil pour le moins chaleureux !

Le Méline Rock Festival 2009 semble avoir atteint largement son objectif (pas loin de 500 entrées pour 200 esperées) et tout permet de croire qu’une nouvelle édition aura lieu l’an prochain… peut-être en intérieur, peut-être à une autre date car il faut avouer qu’il faisait bien frais au milieu de la nuit sur les « hauteurs des montagnes de la haute-patate« , même si la pluie a été évitée.

Merci à Jérémie, à l’association Aim Rock et à toute l’orga du Méline Rock Festival.
Coucou à Koudzy et aux Generic.

Photos et article: Ted et Rémiii. de W-fenec.org«